Nicolas Houguet : Abécédaire de son « Albatros »

houguetVoici quelques morceaux choisis en forme d’abécédaire de ce grand poème « L’Albatros » de Nicolas Houguet.

A… comme Assis

« J’aime être ainsi. J’ai ressenti, il n’y a pas très longtemps, cette implacable harmonie. Autant la trouver belle. J’aime les tableaux bien composés. Les plans de cinéma bien disposés. Les chorégraphies et les mouvements qui s’enchaînent avec grâce. J’en retrouve l’écho dans tout ce que je vois à présent. Ma vie ressemble à un plan-séquence de steadicam » (p. 24).

A… comme Aimer

“J’aimerais pouvoir aimer sans ressentir l’envie d’écrire » (p. 206).

C… comme Correspondance

“Au fond, ma condition physique ressemble à ma disposition artistique. Ceux qui prétendent que la correspondance n’existe pas, que le corps n’est pas l’interprète de l’âme, ceux-là évoluent dans un monde amputé de sa cohérence » (p. 24).

D… comme Debout

“J’admire beaucoup ceux qui se tiennent debout. Pour moi, c’est de l’équilibrisme. Je ne comprends toujours pas bien par quel mystère les gens se dressent sur leurs jambes. Ce mouvement imperceptible de balancement dans le vide, les pieds et le dos qui compensent sans arrêt l’inexorable chute, ce défi à la gravité lancé par chaque bipède au terme de sa première année. Tour de magie dont je n’ai pas le truc. Plutôt que de l’envie, j’éprouve un certain ébahissement devant ce spectacle-là. Peut-être parce qu’il ne se joue que pour moi. Je le trouve d’une beauté inégalable. Un miracle. » (p. 102)

E… comme Ecrire

J’écris pour que ça résonne. Pour que quelqu’un me prenne au vol et m’accompagne” (p.192)

E…comme Ennui

“L’ennui est là, tapi dans l’ombre et vous envahit sans plus de raison que l’euphorie, à l’instant d’avant, vous a emporté (…) détestable travers d’enfant capricieux en quête du frisson nouveau”. (p.65)

H…comme Hyperbole

“C’est mauvais pour la santé, l’hyperbole. J’en sais quelque chose. J’ai toujours eu des mouvements incontrôlés. On a toujours tenté de les domestiquer à coups de chimie. Pour ne surtout pas les libérer ». (p. 147).

I… comme Impatience

« Je ressens l’impatience… Le pressentiment de l’exceptionnel. De quelqu’un qui bouleversera ma perception ce soir. Qui incarnera et traduira en mots et en chants tout ce que je suis. Tout ce qui me fascine, depuis le début de cette vie » (p. 24)

M…comme Médecins

“Les médecins me traitaient comme un corps et un problème à résoudre depuis l’enfance. À cinq, six ans, dénudé sur une table, j’étais entouré d’adultes en blouse blanche qui devisaient de mon cas comme si je ne me trouvais pas dans la pièce. Je ne me souviens pas combien ils étaient, mais ils étaient nombreux. J’avais peur. J’avais honte. Je ne savais pas pourquoi. J’étais tétanisé. Leur visage avec le temps est devenu celui d’un monstre unique.” (p. 113).

P… comme Patti

“Je suis là, totalement là. Je crie de tous mes plusieurs, de toute la force, la prétention et l’insolence de ce jeune homme désordonné de vingt ans que j’ai été, de tous les espoirs de mes trente ans, de tous mes désenchantements et de tous les rêves que je nourris encore à l’aube de la quarantaine. Avec cette chanson, elle achève de me dépouiller de tout ce que je ne suis pas” (p. 117)

P…comme Père

“Si je voulais faire de la moto, de l’escalade, du cheval ou de la plongée sous-marine, (mon père) allait tout mettre en oeuvre pour qu’absolument rien ne m’en empêche” (p.94).

R…comme Rébellion

“Finalement, la rébellion était presque un passage obligé. La volonté farouche de se tracer un chemin puisque les panneaux et les boussoles n’étaient valables que pour les autres » (p.47).

S… comme Souvenir

“Je suis venu à ce concert étrange que pour me souvenir de moi” (p. 140)

V… comme Une Vie

“Parfois, pas souvent dans une vie, on bloque”.