Été 2018: qu’est-ce que j’ai fait de mes journées ?

maxresdefault☀Bilan de saison n°2☀
« Que fais-tu en ce moment ? ». En soirée, je ne sais jamais comment répondre à cette question en quelques minutes sans assommer mon interlocuteur… Voici en quelques points ensoleillés le bilan de mes activités d’été. 

J’ai tapé le mot « fin » et j’ai envoyé

☀C’est à la bibliothèque Beaubourg que j’ai passé l’intégralité de mon été. Et franchement, c’était le bonheur, j’aurais voulu y rester. J’ai achevé un livre sur « Le Goût de la philosophie », travail déjà amorcé il y a deux ans auquel j’ai enfin décidé de me consacrer pour le terminer. C’est une anthologie de textes de mes auteurs préférés, philosophes, romanciers, mais aussi cinéastes, artistes, chanteurs… sur les vertus de la philosophie. Textes que j’ai donc choisis (au prix d’hésitations et de regrets que vous n’imaginez pas), coupés, copiés (parfois à la main comme une moine), introduits et commentés. On y croise, entre autres, Socrate, Aristote, Épicure, Épictète, Saint-Augustin, Bergson, Nietzsche, Simone Veil, Albert Camus, Emmanuel Lévinas (passage spécialement relu par le papa-spécialiste bien-sûr), mais aussi Balzac, Proust, Michel Houellebecq, Charlie Chaplin et même Georges Brassens, Woody Allen et Bob Dylan, ouais ! Parution au Mercure de France en février 2019.

J’aurai l’occasion de dire ici les raisons pour lesquelles je tenais à faire ce livre. Voici déjà les noms de trois personnes qui ont contribué à sa naissance. 1) Mon amie Ariane Charton qui me connaît bien, qui connaît bien le Mercure de France pour lequel elle a écrit de nombreux livres et qui m’a prévenue de la préparation d’un « Goût de la philo » dans cette collection, me conseillant d’envoyer ma candidature. 2) Le directeur de la collection, Jean-Michel Decimo, qui, après avoir entendu mon plaidoyer enflammé pour ce sujet, m’a accordé à la fois sa confiance mais aussi et surtout sa patience – j’ai mis deux ans ensuite à trouver le temps de m’y mettre vraiment et à écouter ce qu’il m’a pourtant répété plus d’une fois : on ne peut pas faire de « Goût de » parallèlement à d’autres activités, il faut s’y consacrer pleinement. 3) Et enfin, une personne qui ne se souvient sûrement pas de moi : Michèle Lacoue, ma prof de philo de Terminale. Cette personne inoubliable de drôlerie et de finesse, m’a fait découvrir la discipline qui a littéralement changé ma vie.

Des chroniques … et une courte fiction !

☀Au printemps, j’ai écrit ma première fiction pour le magazine Causette ! Un vrai challenge pour moi. Cette nouvelle s’appelle « Saut de carpe » et raconte l’histoire d’amour et de démêlés culinaires sépharado-ashkénazes d’André et Rivka, juifs marocain d’un côté et polonaise de l’autre, mariés depuis plus de trente ans. Entre eux, loge une carpe qui, assurant depuis tant d’années la paix des foyers, s’apprête à tout faire vaciller. Aussi appelée « gefilte fish », cette pauvre carpe farcie est la base d’un plat traditionnel ashkénaze, l’un des plus difficile à réaliser, qui ne fait semble-t-il – et il était temps de le découvrir pour Rivka – pas l’unanimité. Vous pouvez la lire ici !

☀Ce hors-série de l’été sur les « Histoires d’amour » de Causette m’a inspirée ! J’y ai aussi signé un portrait de la comédienne Géraldine Martineau qui annonçait, entre autres, sa mise en scène imminente de « La Petite Sirène » à la Comédie française; une enquête révélant l’influence grandissante des chiffres (et  algorithmes) sur les relations amoureuses; et un florilège de personnalités, artistes, musiciens, acteurs, écrivains (Karine Tuil, Fabcaro, LEJ, Mathieu Sapin, Klaire fait Grr…) à propos du film qui a changé leur vie amoureuse. On peut, si on veut, commander dans la boutique en ligne ce hors série ainsi que tous autres numéros auxquels j’ai eu le plaisir de collaborer les derniers mois en chroniquant mes livres préférés !

☀En juillet, j’ai lancé sur le site du Point Pop une nouvelle chronique régulière : les « Thèses pop ». Il s’agit de portraits de chercheurs qui consacrent leurs thèses à des sujets « pop ». L’aboutissement, pour moi, d’un combat de plusieurs années à proposer aux rédactions de me laisser créer un lien entre ce milieu fou et passionnant de la recherche universitaire et le journalisme. Je suis hyper heureuse de m’y atteler et je remercie Gilles Vervish de m’y avoir encouragée ! J’ai commencé par raconter, grâce à la thèse de la musicologue Isabelle Petitjean, les dessous du mythe de Michael Jackson et la façon dont le « Roi de la pop », a su, selon elle, refuser tous les cloisonnements pour devenir un artiste total. Le nouveau « Thèse Pop » qui va paraître dans quelques jours (lien à venir) concerne le travail de Pia Pandelakis, chercheuse atypique, au croisement du cinéma et du design, qui a examiné en détails l’évolution du corps « viril » dans le cinéma hollywoodien.

Un livre apporté chez Robert Laffont

☀C’est une première pour moi. Enfin du moins officiellement. Cela faisait quelques années que j’apportais, « sous-le-manteau », des projets de livres à certains éditeurs. Cette fois, c’est officiel : j’ai apporté et accompagné le meilleur de tous les meilleurs livres de la rentrée de janvier 2019. En toute objectivité. Le titre : « Parce que les tatouages sont notre histoire« . L’auteure : Héloïse Guay de Bellissen, qui a signé entre autres le « Roman de Boddah » dont je bassine les oreilles à tout le monde depuis des années. La sublime photo qui illustrera la couv, que j’ai enfin le droit de révéler, est ici. Elle représente Olive Ann Oatman, première femme Américaine qui a porté un tatouage. Et le livre est une suite d’histoires courtes ou de « mythologies » qui croisent les voix de plusieurs personnages ou allégories autour du tatouage : sa dimension historique, anthropologique, sociale, psychologique. La plume hyper-sensible d’Héloïse Guay de Bellissen, dont on est de plus en plus nombreux à ne pas vouloir louper une goutte, fait intervenir tour à tour les grands tatoués de l’histoire, les tatoués anonymes, les graffeurs, les peaux, les murs, les arbres peints, la romancière elle-même (dont le corps est tatoué de haut en bas), son mari, ancien marin devenu tatoueur. On passe d’un mythe maori à un salon de tatouage parisien, jusqu’au mur de Berlin… c’est une merveille. Le texte est si réussi qu’il constituera un enjeu de la rentrée chez Robert Laffont, je suis très fière d’avoir contribué à sa naissance ! Parution : 3 janvier 2019.

J’ai réfléchi

☀J’ai réfléchi à mon statut, mes activités… ma place dans la file d’attente de Pôle emploi, de l’Agessa et du supermarché. Et voici de quelle façon j’ai décidé de me définir : j’interviens à différentes étapes de la vie du livre. Sa naissance : j’écris des livres et j’accompagne les autres dans l’écriture. Sa « deuxième vie » (médias et événements) : j’écris des chroniques dans la presse, j’organise des événements et des festivals autour de livres. Sa « troisième vie » (audiovisuel) : j’adapte ou je collabore à l’adaptation de livres sous formes de podcasts et de documentaires. C’est logique non ? J’en suis là en tous cas. Ceci est un point d’étape, j’essayerai de reparler sur ce blog de la définition, « in progress », de mes activités dont j’assume de plus en plus l’éclectisme avec l’espoir, grâce aux encouragements et conseils des amis-génies qui m’entourent, de les transformer un jour en petite agence !

Des projets pour l’automne

☀En teaser pour la suite, l’automne s’annonce excitant avec encore de nouveaux conseils de livres pour Causette, des « Thèses pop » pour Le Point, la préparation d’un festival de littérature jeunesse « Encre vives » à Provins le 17 novembre, une collaboration de mes « Romans baladeurs » avec le prix Hors-Concours, la suite de l’écriture du documentaire « La France aux Fourneaux«  pour TV Only et France Télévision, un projet podcast dont j’espère vous parler très bientôt autour de l’atelier d’écriture de la romancière Diane Brasseur avec DesLettres.fr et l’Ecole Les Mots, des événements littéraires réjouissants comme celui organisé cet été avec Sarah Gysler à La Bellevilloise et même… un nouveau livre ! On avance, c’est une évidence… on aurait bien besoin de vacances mais en attendant on avance ♫♫.

Cet été, je vous avais donné quelques nouvelles de mes activités de printemps. Pour les lire, cliquez par ici.

Crédit photo : Maurice Branger / “Terrasse de café”, Paris, femmes, 1925