« Lire à Limoges » : Abécédaire

Florilège #1

Pendant trois jours, du 27 au 29 avril 2018, des conversations passionnées et éphémères se sont déroulées sur les différentes scènes de « Lire à Limoges ». J’en ai attrapé quelques extraits au vol. En voici des souvenirs en pépites alphabétiques.

A… comme Amour

Cypora Petitjean-Cerf : Quand Stendhal a inventé le mot « Cristallisation« , il cherchait une consolation parce que son histoire d’amour ne marchait pas, ça arrivait déjà à cette époque ! La cristallisation, c’est ce qui arrive au rameau d’un arbre effeuillé par l’hiver que l’on jette dans les mines de sel. En quelques mois, on le retire couvert de cristallisations brillantes. Comme l’être aimé que l’on transforme en être magnifique.

L’amour fou en 2018 à l’heure du #MeToo ? Avec : Eric Paradisi, Cypora Petitjean-Cerf, Peggy Sastre et Adeline Fleury. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

A… comme Adaptation

Hubert Prolongeau : Comment réagissez-vous quand on vous propose d’adapter vos romans ? Avec curiosité ? Inquiétude ? 
Serge Joncour : Avec curiosité et inquiétude. J’aborde tout avec curiosité et inquiétude. Ce débat aussi ! Et surtout, je dis toujours oui, avec « curiosité et inquiétude. » Déjà, ça fait un déjeuner, ça fait des rencontres… et puis ça permet de revoir mon écriture.

Comme au cinéma Avec : Serge Joncour, Xavier Durringer, Antoine Mouton, Agnès Michaux, Hélèna Villovitch. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

A… comme s’Affranchir

Viktor Lazlo : On ne peut pas dérouler son existence avec pour seul bagage la violence qui nous a vus naître ; on ne peut pas en faire l’économie mais on peut essayer de s’en affranchir. C’est ce que font mes personnages. 

Peut-on tout savoir sur notre passé ? Avec Viktor Lazlo et Gaël Octavia. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

A… comme Algérie

Maïssa Bey : Les Algériens sont « aux ordres de » mais il existe encore des révoltés. Notamment ceux qui ont la nostalgie de la période avant les années 90. Je pouvais sortir de chez moi en mini-jupe, c’était la mode, sans être victime d’une quelconque agression verbale. On pouvait nous draguer !
Yasmina Khadra : … Mais oui c’était bien d’être dragué. Ce n’était pas encore « Balance ton porc« , en plus on est musulmans ! Moi je n’ai pas de nostalgie. Mais, j’ai beaucoup de regrets. Avant les années 90, on pouvait lutter pour le féminisme. Je garde foi en l’homme et heureusement, j’ai beaucoup de lecteurs qui m’aiment mais je vois bien la décadence. Quand mes détracteurs me critiquent pour mes positions politiques, d’un coup je me sens comme Van Gogh, je suis blessé.

Notre Algérie, Nost-Algérie ? Avec : Yasmina Khadra, Maïssa Bey, Salim Bachi. Rencontre animée par Antoine Boussin.

A… comme Amitié

Hélène Carrère d’Encausse : Je suis là car c’est une vraie amitié que nous avons partagée, Jean d’Ormesson et moi. Nous avons beaucoup ri ensemble, nous avons partagé des peines aussi.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety

A… comme Avocat

Constance Debré : Ma narratrice est avocat pénaliste. C’est un métier où on voit l’homme dans ce qu’il a de plus secret, de plus violent et de plus fraternel. Un homme qui chute m’est toujours proche.

Changer de vie, élargir les frontières. Avec Constance Debré, Justine Bo et Alister. Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.

C… comme Cinéma

Héléna Villovitch : Moi je voulais pas faire ça, je voulais être peintre. J’ai commencé par faire des films expérimentaux, j’ai écrit ce roman. Je n’arrête pas d’aller d’un truc à l’autre, c’est pas mal de transposer des visions d’une technique à l’autre.
Agnès Michaux : Sans orgueil aucun, si on fait notre travail de façon artistique, on passe d’une technique à l’autre. Certains films que j’ai vus m’ont sûrement inspiré des livres, mais les cinéastes que j’aime ont sûrement fait des films parce qu’ils avaient lu des livres.

Comme au cinéma Avec : Serge Joncour, Xavier Durringer, Antoine Mouton, Agnès Michaux, Hélèna Villovitch. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

C… comme Cocteau

Etienne de Montety : Un jour, il a dit en souriant qu’il ne faudrait pas mourir le même jour qu’un grand chanteur… sans doute parlait-il de Cocteau, mort le même jour que Piaf.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety

C… comme Colère

Mazarine Pingeot : Tant qu’elle n’est pas transformée, la colère n’est pas intéressante. Qu’est-ce qu’on fait de cette pulsion vivante ? Comment faire pour que ça ne devienne pas une pulsion pétrifiée ? La pulsion pétrifiée, ça existe ! Ça s’appelle le « dogme ». J’en vois parmi mes étudiants. Quand je lis des jeunes de 20 ans qui écrivent comme des trotskistes, j’ai envie de pleurer, pour moi on est en plein dedans.

Sous les pavés la plage : l’engagement en 2018 Avec : Mazarine Pingeot, Yves Pagès, Olivier Rogez, Fabrice Lardreau, Michel Erman. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

C… comme Conformisme

Richard Malka : On fêtait il y a quelques jours les 30 ans de la mort de Pierre Desproges, c’est impossible aujourd’hui de faire du Desproges.
Alexis Lacroix : La vraie menace aujourd’hui, pour moi, ce ne sont pas les milliardaires qui détiennent les journaux, la vraie menace c’est le conformisme, comme à l’époque de Dreyfus. Il y a des hommes qui sont dans la soumission volontaire et d’autres qui essayent de se décadrer. Si j’admire Emile Zola c’est parce que, dans son « J’accuse« , qui est une plaidoirie de 45 ou 50 000 signes, impubliable dans les journaux d’aujourd’hui, il a le courage de faire un bond hors de la pensée conformiste.
Richard Malka : Je précise que la plaidoirie de Labori, qui défend Dreyfus pendant 12 heures serait impossible aujourd’hui aussi ! Aujourd’hui, si on annonce une plaidoirie de 45 minutes, c’est déjà beaucoup trop.

Faut-il lire Céline ? Avec Alexis Lacroix et Richard Malka. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

D… comme Difficulté d’écrire

Nicolas Rey : Pour écrire celui-là, je me levais à 15h, je regardais mon ordinateur je me disais : il faut que je fasse un chapitre. A 22h, j’avais toujours mon thermos de café… Vers minuit j’avais une idée. J’essayais d’en prendre soin comme d’un enfant malade, j’écrivais un mot, deux mots. Je me rendais compte que ça faisait une phrase. Puis, au bout d’un moment j’étais au milieu d’un chapitre. J’avais mal partout, mal au dos, à la nuque. Et là je m’interrompais pour regarder les chaines info en boucle, parce que les catastrophes du monde me font du bien dans ces cas là, elles me rassurent énormément.
Jean-Baptiste Gendarme : C’est dur ce que tu dis, ça va pas donner envie aux gens d’écrire.

Solitude et endurance de l’écrivain de fond Avec : Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person. Rencontre animée par Pierre Vavasseur.

D… comme Discipline d’écriture

Jean-Baptiste Gendarme : Véronique Ovaldé raconte qu’elle se lève très tôt tous les matins pour écrire deux heures avant que ses enfants ne se lèvent. Moi je n’ai pas ce courage et surtout je crois que je n’aurais rien à écrire aussi tôt. Là, cela faisait deux ans que je n’avais pas écrit une seule ligne de littérature, je ne me force pas. J’ai fait des livres de commande, j’ai édité. Et puis d’un coup j’ai eu une idée, une envie. Je me suis isolé pendant 3 semaines dans un chalet que l’on m’a prêté, j’ai écrit le texte en trois semaines. Ensuite, j’ai pris deux ans pour le retravailler.
Xavier Person : Moi c’est tous les matins avant d’aller travailler, si je n’ai pas passé 1h ou 1h30 à écrire avant que mes enfants ne se réveillent, j’ai raté ma journée.
Julien Bouissoux : J’ai des enfants aussi mais je n’arrive pas à écrire le matin Le plus dur c’est de s’y mettre, s’isoler dans un bureau sans personne.
Pierre Vavasseur : Alain Souchon dit que pour écrire une chanson, il regarde la poignée de la porte pendant plusieurs jours. 

Solitude et endurance de l’écrivain de fond Avec : Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person. Rencontre animée par Pierre Vavasseur.

D… comme Don

Patricia Darré : C’est une véritable lutte d’entretenir un don, car on est dans une société cartésienne qui n’accorde pas de crédit aux croyances.
Hubert Prolongeau : Dans mon enquête sur les dons, je n’ai pas croisé une seule personne qui ait bien vécu cela ! Tous ceux qui affirment posséder un don ont commencé par mal le vivre.

Nuit hantée : Spiritisme, les yeux grands ouverts Avec : Patricia Darré, Hubert Prolongeau, Gilles Vervisch. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

E… comme Écrivain

Julien Bouissoux : C’est plus facile maintenant que je peux me dire scénariste, car j’ai toujours un problème avec le fait de dire que je suis écrivain.
Jean-Baptiste Gendarme : Je préfère me définir comme lecteur et éditeur que comme écrivain. Mes livres viennent souvent d’une nécessité, mais je n’ai pas beaucoup de lecteurs. Il m’est difficile de dire que je suis écrivain, alors que je ne sais même pas qui me lit.
Nicolas Rey : Moi je te lis. Si Jean-Baptiste Gendarme n’a pas beaucoup de lecteurs, en tous cas je fais partie de ceux qui le lisent, et j’aime ce qu’il écrit. On est très pauvre quand on écrit… Je me considère pas non plus comme écrivain mais à chaque fois que j’ai essayé de faire autre chose mon père m’a dit « laisse tomber t’es bon qu’à ça ». Je me foire à chaque fois que je veux faire autre chose.

Solitude et endurance de l’écrivain de fond Avec : Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person. Rencontre animée par Pierre Vavasseur.

E… comme Editeurs

Yves Pagès : Il y en a aujourd’hui des initiatives ! Des coopératives qui travaillent dans le désintéressement, la gratuité, mais elles sont minoritaires, on brûle leur cabane avant même qu’elles soient construites. J’avais 5 ans an 1968 mais j’ai grandi avec ça, avec l’idée du « small is beautiful ». Quand on fait un livre chez Verticales, on n’est pas nombreux à bosser dessus mais on y croit, à nous 5 on a l’impression de créer quelque chose, un espace, une oeuvre. En tant qu’éditeurs, on y croit très fort.

Sous les pavés la plage : l’engagement en 2018 Avec : Mazarine Pingeot, Yves Pagès, Olivier Rogez, Fabrice Lardreau, Michel Erman. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

E… comme Éloquence

Bertrand Perier : Vous Eric venez par ici Eric !
Eric : … je suis le plus timide de tous !
Bertrand Perier : Alors vous êtes mon frère. La peur est la seule motivation pour se dépasser, la seule. Sarah Bernhardt a répondu à un acteur qui disait qu’il n’avait pas le trac « Vous verrez, ça viendra avec le talent ». Quelle est votre passion Eric ?
Eric : L’apiculture
Bertrand Perier : Vous allez expliquer à tout le monde pourquoi l’apiculture est une discipline passionnante.
Eric : Je m’intéresse à l’apiculture parce que….
Bertrand : Stop ! Avant de commencer, il faut dire où vous allez. « L’apiculture est la plus importante pour notre monde ». Voilà où je vais. Et ensuite on explique comment.
Eric : L’apiculture, c’est primordial, car les abeilles sont les sentinelles de l’humanité ! (Applaudissements)
Bertrand Perier : Alors là, bravo ! Trouver une formule, c’est le plus important et le plus dur. Rassembler sa pensée dans formule qui pourra servir au journaliste dans son Tweet, c’est essentiel ! Bravo Eric !

Atelier d’éloquence Par Bertrand Perier

E… comme Entourage

Serge Joncour : Je ne fais jamais lire l’entourage. Sinon j’attends qu’ils trouvent tous ça formidable. S’ils n’aiment pas, ça finit en dispute.

Rencontre avec les lycéens et Serge Joncour. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

E… comme Entreprise

Cécile Reyboz : La détresse des clients qui consultent un avocat du travail, je la compare au dépit amoureux. Souvent, les salariés ont beaucoup de difficultés à me décrire vraiment leur métier. On apprend le faux langage de l’entreprise, et cela crée un hiatus intime, parce qu’une partie de soi sait que l’autre est en train de dire n’importe quoi. Je demande toujours qu’on m’explique comme à une enfant de 10 ans. Dans un monde vivable, chacun devrait exercer un métier explicable à un enfant de 10 ans.

Plaquer mon job, même pas peur ! Avec : Samantha Bailly, Sophie Adriansen, Emmanuel Villin, Cécile Reyboz, Noémi Lefèbvre. Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.

E… comme Érotisme

Maïssa Bey : La jeunesse féminine est au centre de mon livre. Je m’inspire de la légende d’Hiziya, une légende extrêmement populaire en Algérie, qui raconte une histoire proche de « Roméo et Juliette ». Une jeune femme très belle vivait à la fin du XIXe siècle. Elle tombe amoureuse de son cousin, fils adoptif de sa mère. Elle vit cet amour en toute liberté dans le désert. La nature y est propice. Un mois après son mariage, elle meurt, on ne sait pas exactement pourquoi. Saïd, son mari, demande au poète Ben Guittoun de composer un chant élégiaque pour sa bien aimée. Dans ce chant, il y a des passages érotiques extraordinaires. Nous sommes au XIXe siècle dans une tribu algérienne, comment peut-on parler du corps de la femme de cette façon? L’approche du désir et de la femme dans ce corps est extraordinaire. J’ai alors imaginé une Hiziya du XXIe siècle qui travaille dans un salon de coiffure, un « entre-femmes » comme j’appelle cela. A travers la légende d’Hiziya, cette jeune femme trouve un nouvel espoir. Elle se dit que si un homme a été capable de célébrer une femme de cette façon, c’est que l’amour existe. Mais nous sommes dans l’Algérie actuelle, tout est très différent !

Notre Algérie, Nost-Algérie ? Avec : Yasmina Khadra, Maïssa Bey, Salim Bachi. Rencontre animée par Antoine Boussin.

F… comme Facilité d’écrire

Héloïse d’Ormesson : J’étais son éditrice donc j’ai eu la chance de travailler avec lui. Il était d’une précision, d’une méticulosité, d’un désir d’atteindre la perfection extraordinaires. On parlait souvent de sa facilité. C’est vrai et faux. Il n’avait pas d’ordinateur, ni Internet. Il avait le Larousse en 20 volumes, il se levait 10 fois par nuit pour ouvrir le dictionnaire. Il avait un souci du travail qu’il remettait sur le métier comme Pénélope.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

F… comme Femmes à l’Académie

Jean-Christophe Rufin : Il a surtout mené des combats, notamment pour l’entrée des femmes à l’Académie française à travers Marguerite Yourcenar. Il a fait une vraie colère ! Et quand Jean faisait une colère, sa courtoisie devenait glaciale.
Héloïse d’ormesson : Oui, quand il se mettait en colère, ses yeux azur devenaient iceberg
Hélène Carrère d’Encausse : Il avait décidé qu’il ferait entrer une femme, c’était impossible de le faire changer d’avis.
Héloïse d’Ormesson : Mais il s’est fait traiter de galopin ! Rien ne s’opposait à l’entrée des femmes à part les mœurs. L’un de ses grands opposants sur ce sujet c’était Claude Lévi Strauss… et mon père l’adorait ! Avoir comme ennemi Lévi Strauss le chavirait. D’autant qu’il opposait des arguments forts. Il disait que l’Académie allait s’éteindre comme les peuplades l’Amérique du sud si les femmes y entraient. Il fallait tenir bon devant lui ! 

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety

F… comme Fenêtre(s)

Dany Laferrière : Il y a tout dans ce livre Je suis un obsédé de la fenêtre Il y a toutes les fenêtres Le lecteur est multiple,jamais je n’ai réussi à le cerner Il lui arrive d’aimer un livre avant de l’avoir lu !

Grand entretien avec Dany Laferrière à l’Opéra de Lire à Limoges. Rencontre animée par Antoine Boussin

F… comme Film

Serge Joncour : L’adaptation de L’Écrivain national qui est en cours en est à sa 15e version… C’est tellement long d’écrire un film.

Rencontre avec les lycéens et Serge Joncour. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

F… comme Flic

Christophe Guillaumot : On est une dizaine de flics à avoir sorti des romans ces dernières années parce qu’on ne se retrouvait pas trop dans les séries policières et dans les polars. On voulait combattre le cliché du flic quarantenaire divorcé alcoolique et dépressif
Louise Mey : Tous les clichés dont tu parles sont dans mon livre, et j’assume !

La nouvelle vague des auteurs polars Avec Christophe Guillaumot, Louise Mey et Sébastien Meier. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

F… comme Foie gras

Jean-Christophe Rufin : A la fin de sa vie, Jean d’Ormesson était plus consensuel, plus rond. Il s’est opposé à Mitterrand dans des joutes magnifiques… et a fini par l’incarner au cinéma.
Héloïse d’Ormesson : C’était la littérature qui comptait pour lui. Plus que la politique. Il disait toujours : « Inutile de connaître l’oie quand on aime le foie gras ». Et puis, je crois qu’il avait le communisme en horreur. Donc quand il a senti que le communisme s’éteignait, il s’est arrondi.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety

F… comme Français

Dany Laferrière : Ce jour-là, en serrant la main à Jean d’Ormesson pour la première fois, j’ai rencontré l’idée que je me faisais d’un Français. C’était la promesse de ce que je lisais dans la littérature. Il m’a reçu avec ce mouvement du corps qu’il avait quand il était content… Cette élégance. Et des années plus tard, il m’a remis mon épée avec un discours éblouissant que je n’oublierai jamais.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

F… comme François Hollande

Héloïse d’Ormesson : Quand Hollande a été élu, mon père a dit « maintenant il va falloir soutenir Hollande » parce qu’il était profondément républicain.
Etienne de Montety : Et quand Hollande lui a remis la légion d’honneur, cela a donné lieu à un grand moment, une très belle rencontre.
Héloïse d’Ormesson : Ils ont tous les deux beaucoup d’humour. Hollande a passé des heures à lui demander « comment faites-vous pour être si adoré par les Français  ? »

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

G… comme Grossièreté

Constance Debré : J’aime bien écrire des grossièretés. J’aime la crudité dans une langue. C’est une beauté très vivante.

Changer de vie, élargir les frontières. Avec Constance Debré, Justine Bo et Alister. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

H… comme Hibou

Héloïse d’Ormesson : Quand j’étais petite, j’appelais mon père le « petit hibou ». Son animal préféré était la chouette, le symbole de la philosophie et de l’Ecole Normale supérieure

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

H… comme Histoire

Jean-Christophe Rufin : « La Gloire de l’empire » a une place à part dans l’oeuvre de Jean d’Ormesson, c’est un livre différent de toutes les méditations qu’il a pu publier ensuite, chemin faisant. On y trouve sa vision de l’Histoire. La littérature avait pour lui le pouvoir de faire renaître et même de faire naître des mondes, c’est toute la force théorique de ce roman.
Héloïse D’Ormesson : Il était fasciné par les moments ou le monde bascule. Son genre de roman était unique : un brassage entre des promenades littéraires, historiques, des passages d’une époque à une autre, des découvertes, l’autobiographie. Sa manière est très atypique, on ouvre n’importe lequel de ses livres et on le reconnaît tout de suite.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

H… comme Humour

Fabrice Lardreau : Quand on est un peu timoré comme moi, c’est par le pas de côté, l’humour ou la distraction qu’on peut essayer de lutter. Un beau personnage politique, c’est Pierre Richard !

Sous les pavés la plage : l’engagement en 2018 Avec : Mazarine Pingeot, Yves Pagès, Olivier Rogez, Fabrice Lardreau, Michel Erman. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

H… comme Honnêteté

Jean-Christophe Rufin : Jean d’Ormesson a dit « Excusez moi je n’ai pas eu le temps de lire tous les livres de la sélection ». Nous étions nombreux à ne pas les avoir tous lus. Il avait été très malade, il avait bien plus d’excuses que nous. Mais il a eu la courtoisie et l’honnêteté de le dire !

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

I… comme Indémodable

Dany Laferrière : A un moment, le grand public est venu à lui. Le temps passait, les personnages politiques changeaient, le communisme se diluait… Or, on a vu un homme qui ne changeait pas. Il est resté élégant dans les situations les plus improbables et sa manière a charmé le public. C’est devenu un indémodable, un homme qui n’avait pas d’âge. Il était devenu Jean d’Ormesson.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

I… comme Intimidé

Jean-Christophe Rufin : Je l’ai connu longtemps et très peu. Je me suis toujours placé à distance, comme un élève. Je ne me sentais pas à la hauteur, j’étais très intimidé par lui. Lui ne voulait pas cela, il créait une familiarité car il ne se plaçait jamais au-dessus de personne. Sans le savoir, il m’a enseigné beaucoup de choses. Son éloquence était très particulière. On pouvait apprendre beaucoup de choses, juste en l’observant.

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety

L… comme Langue française

Alexandre Najjar : J’ai demandé dans une boutique un cache-nez, on m’a dit mais c’est une écharpe monsieur. Parfois, mon usage du français est un peu bizarre je crois !

La langue française comme une boussole Avec : Alexandre Najjar, Irina Teodorescu. Rencontre animée par Antoine Boussin.

L… comme Lecteurs

Antoine Boussin : C’est magnifique ce que vous écrivez dans cet extrait.
Yasmina Khadra : Mais oui, c’est normal ! Il faut mériter ses lecteurs. Moi je me tue à garder mes lecteurs. Ce n’est pas difficile d’atteindre les cimes, mais c’est dur d’y rester. Mon lectorat, c’est tout ce que j’ai !

Notre Algérie, Nost-Algérie ? Avec : Yasmina Khadra, Maïssa Bey, Salim Bachi. Rencontre animée par Antoine Boussin.

L… comme Lettres d’amour

Caroline Laurent : Evelyne Pisier était magnifiquement belle et avait des relations avec des hommes historiques. Dans ses correspondances, on découvre Fidel Castro amoureux. Ils s’écrivent des lettres d’amour incroyables que j’ai dans mon salon aujourd’hui. Mais la relation amoureuse ne peut durer pas car Fidel Castro lui demande des enfants. Or, elle veut devenir une intellectuelle. Elle ne sera pas la petite courtisane française de Castro installée à la Havane. Mais elle a croisé son histoire.

Cinquante nuances de féminisme Avec : Blandine de Caunes, Laura El Makki, Emmanuelle Favier et Caroline Laurent. Rencontre animée par Isabelle Motrot.

M… comme Mère

Camille Laurens : Théophile Gauthier dans « Le Rat » a cette phrase « Tu n’oublieras pas ta mère quand tu seras heureuse ».

Les génies et leurs muses Avec Camille Laurens et Alain Vircondelet. Rencontre animée par Isabelle Motrot.

M… comme Métissage

Vitkor Lazlo : Je suis française mais pendant longtemps on m’attribuait toutes les nationalités. Le métissage est aujourd’hui la norme, donc je ressemble à de plus en plus de gens. C’est peut être pour cette raison que j’ai eu besoin d’écrire ce texte de voyageurs qui trouvent leur identité dans la petite goutte qu’ils peuvent partager avec l’autre.

Peut-on tout savoir sur notre passé ? Avec Viktor Lazlo et Gaël Octavia. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

M… comme Mélenchon

Hélène Carrère d’Encausse : Un jour il m’a proposé de déjeuner avec lui et Jean Luc Mélenchon. Or, Mélenchon était le diable pour de nombreuses personnes du milieu de d’Ormesson. Nous avons eu un déjeuner absolument délicieux. Jean d’Ormesson avait l’élégance de pouvoir dialoguer avec ses opposants. 
Etienne De Montety :  On raconte que Mélenchon, en lui serrant la main, lui a dit « j’espère que dans cette poignée de main, votre intelligence viendra à moi ». D’Ormesson lui aurait répondu : « J’espère qu’à travers cette poignée de main, aucune de vos idées politiques ne viendra à moi » !

Jean d’Ormesson, Adieu l’enchanteur Avec Héloïse d’Ormesson, Jean-Christophe Rufin, Hélène Carrère d’Encausse, Dany Laferrière. Rencontre animée par Etienne de Montety.

M… comme Misogynie

Constance Debré : Ma narratrice se surprend à éprouver un flot de clichés misogynes, qui la choquent elle même. Parce qu’elle se sent mal-aimée par la femme qu’elle aime.

Changer de vie, élargir les frontières Avec Constance Debré, Justine Bo et Alister. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

N… comme Noir

Léonora Miano : En Afrique sub-saharienne, je ne suis pas noire. Quand tout le monde est noir, vous n’êtes pas noir, vous êtes vous. Comment savoir précisément ce qu’on attend de vous ? Pour cela, il faudrait qu’en 2018, la France laisse à chacun le droit à sa singularité et son épanouissement.

Grand entretien avec Léonora MianoRencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

N… comme Nuit

Eric Metzger : Au début, c’est parti d’une blague… comparer les boîtes de nuit à la caverne de Platon : on n’y voit que des ombres, des bruits assombrissants, les visages sont beaux, géniaux, incroyables… Au petit jour ce n’est plus la même chose. 
Line Papin : Ce sont des moments de fête mais de solitude aussi
Eric Metzger : Oui, une solitude à plusieurs… On est heureux d’être malheureux ensemble.

Y’en a qui bossent la nuit ! Avec Line Papin et Eric Metzger. Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos

P… comme Personnages

Serge Joncour : Les lycéens assis devant moi ce matin sur leurs chaises sont plus ou moins avachis, plus ou moins rêveurs… Dans un film on affirme des choses de la psychologie des personnages à travers ce genre de détails en commençant par « Intérieur, jour. Sous le chapiteau de Lire à Limoges »...

Rencontre avec les lycéens et Serge Joncour. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

P… comme Polar

Sébastien Meier : La Suisse, c’est le terreau extra pour faire du polar : on a une criminalité en col blanc qui est pléthorique. Le sujet de polar parfait.

La nouvelle vague des auteurs polars Avec Christophe Guillaumot, Louise Mey et Sébastien Meier. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

P…comme Politique

Sébastien Meier : Le négoce matières premières, c’est super chiant si on en parle dans un genre autre qu’un polar. Je profite du polar pour parler de sujets qui m’interpellent en termes politiques. Quand je lisais Marx et Proudhon, j’avais envie de m’en servir, de reconstruire ces lectures de façon concrète. Dans mon roman, je suis Dieu, je fais ce que je veux !

La nouvelle vague des auteurs polars. Avec Christophe Guillaumot, Louise Mey et Sébastien Meier. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

P… comme Plaisir d’écrire

Irina Teodorescu : J’écris vraiment par plaisir, j’adore ça. Si on me dit que j’ai une grosse tarte au citron à manger demain, cela me fera le même effet que la perspective d’une journée à écrire, c’est une gourmandise.
Alexandre Najjar : Pourtant, votre livre est sombre et profond. On dirait que c’est facile quand vous dites cela.
Irina Teodorescu : J’insiste ! J’aime vraiment ça, chaque lecteur met ce qu’il veut ensuite dans sa lecture, pour moi c’est un plaisir

La langue française comme une boussole Avec : Alexandre Najjar, Irina Teodorescu. Rencontre animée par Antoine Boussin.

P… comme Plan de roman

Xavier Person :  J’ai la prétention d’écrire des livres qui n’ont pas de sujet. Comme dans une improvisation, il y a des bifurcations. Pour moi ça ne s’appuie sur rien, c’est un rythme, un pari qui est fait sur le rien de l’instant, le pari que quelque chose va arriver. Je fais confiance au rythme. 
Jean-Baptiste Gendarme : Moi je mets le personnage dans une situation un peu impossible et je regarde comment il va s’en sortir.
Julien Bouissoux : Moi c’est vraiment comme un calendrier de l’avent, je ne sais jamais ce qui va se passer. J’ai une vague idée de la fin mais j’aime bien quand mes personnages se déportent vers des choses inattendues.
Nicolas Rey : Moi j’écris le plan au dos d’une enveloppe : la phrase du début, la phrase du milieu et la phrase de fin. Ce qui est dingue, c’est que les personnages m’échappent et changent de direction si le livre est réussi. Par contre, je les ramène toujours à la phrase du milieu et à la phrase de fin, sinon c’est trop le bazar.

Solitude et endurance de l’écrivain de fond Avec : Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person. Rencontre animée par Pierre Vavasseur.

P… comme Plateau de tournage

Serge Joncour : Sur un plateau de tournage, tout le monde gêne. Les techniciens savent ce qu’ils doivent faire, chacun est à sa place.

Rencontre avec les lycéens et Serge Joncour. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

P… comme Poème

Mahir Guven : Un poème m’a inspiré : celui de Robert Frost « La route que je n’ai pas prise ». Dans mon roman, ce sont deux personnages bien distincts, éduqués de la même façon qui prennent deux routes différentes. 

Ces jeunes radicalisés : l’enfer et les bonnes intentions Avec : Omar Youssef Souleimane, Richard Malka. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

P… comme Pointes de danseuse

Pierre Vavasseur : Le point commun entre vous, c’est que vous entretenez tous avec votre vie d’écrivain comme une mélancolie joyeuse, vous y revenez dans vos livres, comme si vous faisiez vos pointes de danseuse.

Solitude et endurance de l’écrivain de fond Avec : Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person. Rencontre animée par Pierre Vavasseur.

P… comme Première fois

Constance Debré : Ce n’est pas si fréquent de vivre une « première fois ». Ma narratrice vit première fois avec une femme, après une vie entière très classique, c’est passionnant à vivre.

Changer de vie, élargir les frontières. Avec Constance Debré, Justine Bo et Alister. Rencontre animée par Christelle Capo-Chichi.

P… comme Prostituée

Camille Laurens : La « petite nana » qui a inspiré Degas a été demandée en mariage, d’après certains généalogistes, mais le mariage n’a jamais été proclamé. Peut-être que le fiancé a changé d’avis après avoir appris qu’elle se prostituait.

Les génies et leurs muses. Avec Camille Laurens et Alain Vircondelet. Rencontre animée par Isabelle Motrot.

P… comme Prochain roman

Serge Joncour : Mon prochain roman va se passer pendant guerre de 14. C’est l’histoire d’un dompteur de lion qui vit au fond du Lot.

Rencontre avec les lycéens et Serge Joncour. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

R… comme Réalisateurs

Xavier Durringer : J’ai beaucoup de compassion pour les réalisateurs. Ils arrivent sur le tournage comme des boxeurs déjà groggy, ils se sont déjà battus pendant des années pour défendre leur projet de film. J’ai beaucoup d’admiration pour ceux qui y arrivent, mais aussi pour ceux qui simplement essayent. Un réalisateur sur deux ne fait pas de deuxième film après le premier, c’est d’une difficulté terrifiante. Et ça dépend même pas du succès.

Comme au cinéma Avec : Serge Joncour, Xavier Durringer, Antoine Mouton, Agnès Michaux, Hélèna Villovitch. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

R… comme Recette

Michel Guérard : Nous, les cuisiniers, on travaille dans l’éphémère, la bonne recette n’est jamais acquise pour de bon, il faut la retenter à chaque fois
Benoît Peeters : Et nous, les écrivains, qu’est-ce qu’on rature !

Les mots dans la casserole Avec : Michel Guérard, Benoît Peeters et Aurélia Aurita. Rencontre animée par Bertrand Morisset.

R… comme Russie

Hélène Carrère d’Encausse : La Russie est, en superficie, ne l’oublions pas, le plus grand pays du monde. Depuis que le centre de gravité géopolitique mondial s’est déplacé vers l’Asie, elle occupe une place centrale en Europe. Or, ici, elle est toujours mal connue, mal comprise, mal aimée.

Grand entretien Avec : Hélène Carrère d’EncausseRencontre animée par Jean-Claude Perrier

S… comme Sade

Justine Bo : Mon père m’a appelée Justine en référence au Marquis de Sade parce que Justine, c’était la vertu. En le lisant j’ai réalisé que c’était un peu violent ce qui arrivait à Justine !

Changer de vie, élargir les frontières. Avec Constance Debré, Justine Bo et Alister. Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.

S… comme Salariat

Cécile Reyboz : Souvent, il y a une forme de servitude volontaire dans ce qu’on me décrit en tant qu’avocate du travail. Un quotidien insoutenable. Mais une fois que ces personnes sont licenciées et en sont privées, elles commencent par être furieuses, dépitées. Elles ne sont pas tout de suite soulagées. Un sociologue a écrit un livre sur le monde de la mode en montrant que les employeurs font souvent travailler les personnes gratuitement en leur expliquant qu’elles ont bien de la chance d’être dans ce milieu. C’est cela leur rémunération !
Sophie Adriansen : Au départ, j’étais hyper partante pour la servitude (rire) ! Je suis allée à l’université et en école de commerce, j’ai intégré une entreprise qui me rémunérait très bien mais qui, en contrepartie, s’infiltrait dans tous les domaines de ma vie : en payant mon cinéma, mes restaurants, mon essence, en me proposant des apéros le samedi soir et en me faisant savoir que ce serait une bonne idée que j’en organise chez moi, moi aussi… Le projet commun et la reconnaissance que j’attendais en échange n’étaient pas au rendez-vous. Après cinq ans de salariat, j’ai décidé de quitter l’entreprise et d’oser faire ce que je voulais vraiment, c’est-à-dire devenir écrivain.
Noémi Lefevbre : La liberté, c’est avant tout se réapproprier son temps. La destruction du temps social est une forme de construction du fascisme, c’est important de comprendre ce processus. Mais pour cela, il faut comme mon personnage, lire Karl Kraus, Marx, des réflexions profondes sur la fabrication du fascisme. Qui a le temps de lire cela ? On cherche ce temps là, mais il est très difficile de se l’accorder.
Cecile Reyboz : Je me pose de grandes questions sur le salariat. Deux de mes clients sur trois qui ont été licenciés ne reviennent pas au salariat. On est bien d’accord que Uber et Delivroo, ce ne sont pas des solutions, mais il me semble qu’aujourd’hui, le lien de subordination ne passe plus, il y a un vrai changement. Pourtant, la subordination en soi n’a rien d’indigne, c’est une monnaie d’échange contre le salaire. Mais lorsque l’on s’y noie, lorsque tout se pervertit et se perd, alors il ne reste plus que la subordination. 

Plaquer mon job, même pas peur ! Avec : Samantha Bailly, Sophie Adriansen, Emmanuel Villin, Cécile Reyboz, Noémi Lefèbvre. Rencontre animée par Marie-Madeleine Rigopoulos.

T… comme Temps

Dany Laferrière : Enfant,j’étais du coté de D’Artagnan. Aujourd’hui je me range derrière le Cardinal… le temps vous joue des tours !

Grand entretien de Dany Laferrière à l’Opéra de Limoges. Rencontre animée par Antoine Boussin.

T… comme Théâtre

Gaël Octavia : J’ai dépassé ma timidité grâce au théâtre.

Peut-on tout savoir sur notre passé ? Avec Viktor Lazlo et Gaël Octavia. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

V… comme Vierge Marie

Gaël Octavia : Si le seul modèle que l’on a en tant que femmes, c’est une vierge, pour qui il est catastrophique de perdre sa virginité, alors on n’a vraiment pas de mode d’emploi.

Peut-on tout savoir sur notre passé ? Avec Viktor Lazlo et Gaël Octavia. Rencontre animée par Kerenn Elkaïm.

V… comme Violence sexuelle

Louise Mey : J’essaye de me désolidariser de ce qui se fait dans les polars masculins. Les violences sexuelles imposées aux hommes et aux femmes étaient un sujet que je voulais traiter en polar.

La nouvelle vague des auteurs polars Avec Christophe Guillaumot, Louise Mey et Sébastien Meier. Rencontre animée par Hubert Prolongeau.

Z… comme Zeste de citron

Michel Guérard : J’adore mettre un zeste de citron dans mon café. Ce jour-là, je touillais mon café et je me disais « tiens, pourquoi pas une huître au café ?« . J’ai tenté, j’ai dégusté et au départ, c’était in-man-geable !
Bertrand Morisset : Oui mais c’est devenu ensuite l’une de vos plus fameuses recettes !

Les mots dans la casserole Avec : Michel Guérard, Benoît Peeters et Aurélia Aurita. Rencontre animée par Bertrand Morisset.

NB 1 : Je n’ai pu tout noter, merci aux modérateurs et auteurs de ne pas m’en tenir rigueur.
NB 2 : Si vous y avez assisté ou participé, n’hésitez pas à m’envoyer vos pépites par mail. 
NB 3 : Je sais déjà que certains vont avoir la démangeaison de corriger les répliques qui leur sont attribuées… A l’écrit, on ne reconnait pas toujours ce que l’on a lancé dans la spontanéité de l’oral. Tout est amendable ou supprimable, n’hésitez pas. 

Pour connaître le programme et sa fabrique, c’est par ici.

Et quelques images, tweets et vidéos par ici.

Image, de gauche à droite : Constance Debré, Yasmina Khadra, Serge Joncour, Mahir Guven.

2 réflexions au sujet de « « Lire à Limoges » : Abécédaire »

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