Lire à Limoges : la lettre de l’absente

Parmi les nombreux auteurs qui ont annulé leur présence au fil des dernières semaines pour « Lire à Limoges », le plus souvent à cause des grèves SNCF, certains me tenaient à cœur.  En particulier une blogueuse romancière qui s’appelle Julie Marx et qui a tenu à se « manifester » à distance !

Julie Marx, sa lettre d’absence

Blogueuse et romancière dont j’ai adoré le livre La journée de la vierge (L’Olivier), Julie Marx ne pourra participer à la rencontre à laquelle je l’ai conviée autour du thème « Solitude et endurance de l’écrivain de fond ». Elle a tenu à être présente malgré tout en proposant à l’un des autres intervenants de la conférence – Nicolas Rey, Julien Bouissoux, Jean-Baptiste Gendarme, Xavier Person – ou au modérateur Pierre Vavasseur de de lire sa lettre d’absence. Un geste que j’ai trouvé très touchant. Dans cette lettre, elle parle de la solitude de l’écrivain mais aussi de sa « tension » extrême vers le lecteur. Cette tension solitaire, cette solitude tendue qui rend le partage si immense et la vulnérabilité si tangible. Elle cite Roland Barthes, son « désir » d’un texte qui le « désire », elle parle de sa relation de couple avec l’écriture et la lecture, ses émotions, ses chamailleries, ses angoisses… Mais surtout de l’épreuve que peut représenter ce « métier » comme tant d’autre dans la précarisation de nos vies actuelles. Celle des écrivains mais aussi celle des cheminots, qui, comme elle le rappelle, veillent aux rails qui nous transportent comme les livres. Merci à elle !

Crédit Photo : Céline Gaille / Hans Lucas